
Jean Giguère
Auteur :
WikiResidence
Source :
14 sept. 2026
Autrefois dévitalisé par l'exode commercial des années 1980 et 1990, le Vieux Pointe-aux-Trembles connaît aujourd'hui une transformation majeure.
Sous l'impulsion de la Société de développement Angus (SDA), le secteur historique situé à l'intersection de la rue Notre-Dame Est et du boulevard Saint-Jean-Baptiste se redessine.
Avec la construction de 109 logements locatifs abordables, la restauration du patrimoine et l'arrivée de commerces de proximité indépendants (dont la nouvelle microbrasserie Lobeva et le futur café à but non lucratif Monette), le quartier retrouve son cœur de collectivité. Ce grand dossier explore les retombées économiques, le calendrier des travaux, le budget du projet et son profond impact social.
Mettons le cap sur l'est de Montréal, plus précisément dans le Vieux Pointe-aux-Trembles. Ce secteur, riche de son identité « pointelière » et de son patrimoine, illustre parfaitement comment une vision stratégique de développement mixte peut inverser la tendance de dévitalisation subie par de nombreux cœurs de quartiers québécois au profit des grands centres commerciaux.
Mené de front par la Société de développement Angus (SDA), reconnue pour ses projets structurants (notamment le Technopôle Angus), ce projet de revitalisation est un cas d'école en matière de réappropriation de l'espace urbain.
Impact social : Densité, abordabilité et mixité
La pierre angulaire de ce projet repose sur la création de densité pour soutenir l'activité locale, sans pour autant sacrifier l'abordabilité. La SDA a érigé trois immeubles de six étages comprenant au total 109 logements locatifs abordables.
L'impact social est massif. Ces logements, détenus à perpétuité par un organisme à but non lucratif, répondent à une crise de l'habitation criante. L'engouement a été tel que les locataires, sélectionnés par tirage au sort après des entrevues, ont parfois pleuré de joie à l'annonce de la nouvelle.
Comme le souligne Stéphane Ricci, urbaniste et conseiller stratégique pour l'est de Montréal à la SDA : « La densité permet d'avoir une masse critique de gens qui font vivre les commerces en faisant leurs courses à pied, ce qui crée un cœur de collectivité. »
Un calendrier de déploiement dynamique
La transformation du quartier est palpable et s'accélère. Voici les grandes étapes du calendrier de livraison :
Fin août (Réalisé) : Ouverture officielle de la microbrasserie Lobeva. Avec sa centaine de places intérieures et sa terrasse à quelques pas du fleuve, elle s'établit comme un nouveau lieu d'ancrage social, idéalement située près de la navette fluviale. Et tout près, le restaurant Edward Smoked Meat, aussi ouvert.
Octobre (En cours) : Fin des importants travaux d'infrastructures sur la rue Notre-Dame Est. Ces travaux livreront des trottoirs élargis et de nouveaux espaces pour les terrasses, favorisant une déambulation sécuritaire et conviviale.
Automne (À venir) : Ouverture de Monette, un café et épicerie de quartier à but non lucratif. Fait intéressant : ce commerce prendra place dans l'ancien bureau de poste, la seule maison patrimoniale conservée sur les sept édifices initiaux acquis et démolis par la SDA pour le projet.
Prochainement : Ouverture du restaurant Pacifique Sud (bar à vin, pizza, pâtes) tenu par Vincent Châtelais, ainsi que la recherche active de locataires pour le presbytère au bord de l'eau (service de restauration) et pour une boulangerie indépendante avec cuisson sur place.
À moyen terme : Transformation de l'église Saint-Enfant-Jésus (face au centre communautaire Roussin et au cinéma Station Vu) en une salle de spectacle et un centre de création en arts du cirque.
Budget et Impacts Économiques
Bien que la SDA orchestre le montage financier avec divers partenaires gouvernementaux et institutionnels (budget global estimé à plusieurs dizaines de millions de dollars pour l'acquisition, la démolition, la construction des 109 unités et la mise à niveau commerciale), les retombées économiques locales sont déjà quantifiables :
Création d'emplois locaux : L'arrivée de Lobeva, du restaurant Edward Smoked Meat (face à la brasserie), du Pacifique Sud et de Monette génère des dizaines d'emplois directs dans le quartier.
Rétention des capitaux : L'objectif affirmé par Marilou Hudon-Huot, vice-présidente développement et location à la SDA, est de « ranimer le Vieux Pointe-aux-Trembles avec des commerces locaux indépendants ». Cela permet de garder l'argent dans l'économie locale plutôt que de le voir s'échapper vers les grandes chaînes.
Tourisme et fréquentation : La synergie avec la place du Village-de-la-Pointe-aux-Trembles et le service de navettes fluviales (qui transporte des dizaines de milliers de passagers chaque été) crée un écosystème où résidents, cyclistes et touristes convergent, stimulant ainsi les revenus commerciaux.
Le Vieux Pointe-aux-Trembles est en train de regagner ses lettres de noblesse. En combinant préservation du patrimoine, logements abordables et dynamisme commercial, la SDA et ses partenaires prouvent qu'un développement immobilier conscient peut réparer le tissu urbain et recréer un véritable milieu de vie.
