top of page

Chronique

Quand les profondeurs verdissent la surface

Jean Giguère

Author :

WikiResidence

Source :

May 22, 2026

Montréal vient d’accueillir le Congrès mondial des tunnels, un événement générant des retombées de 1,6 million de dollars.

Au-delà des chiffres, ce rassemblement laisse un legs environnemental majeur : un projet de plantation d'arbres au-dessus d'un tunnel du REM. Cette initiative met en lumière une tendance forte en développement urbain à Montréal : l'utilisation stratégique des infrastructures souterraines pour libérer, verdir et redonner l'espace en surface aux citoyens.


Cette publication explore ce legs et dresse le portrait des grands projets montréalais similaires qui redéfinissent notre paysage immobilier et social.

 

Le paradoxe de la ville moderne

Aujourd'hui, nous abordons un concept fascinant : comment ce qui se cache sous nos pieds peut transformer radicalement la qualité de vie, la valeur immobilière et l'écologie de nos quartiers.

 

L'actualité nous en donne un exemple parfait avec la tenue récente, du Congrès mondial des tunnels au Palais des congrès de Montréal.

 

Ce n'est pas qu'une simple rencontre d'ingénieurs. C'est le point de départ d'une réflexion beaucoup plus large sur la résilience urbaine de l'île de Montréal.

 

 

Le Congrès mondial des tunnels 2026 : Un legs vert pour le centre-ville

Organisé par l'Association internationale des tunnels et de l'espace souterrain (AITES), cet événement a réuni 2 000 spécialistes internationaux.


Regardons d'abord les chiffres immédiats :

  • Fréquentation : 2 000 experts en infrastructures souterraines.

  • Impact touristique : Plus de 5 600 nuitées générées dans les hôtels montréalais.

  • Impact économique direct : 1,6 million de dollars en retombées pour Montréal et le Québec.

 

Mais le véritable impact de ce congrès, celui qui touchera le marché immobilier et les résidents, est son legs durable.

 

Le Palais des congrès et l'AITES, en collaboration avec la Soverdi, financeront en juin la plantation d'arbres sur un campus universitaire, précisément au-dessus d'un tunnel du Réseau express métropolitain (REM).

 

Comme le souligne Helen Roth, directrice générale de l'AITES, l'objectif est de démontrer comment « les infrastructures souterraines peuvent libérer de l'espace en surface pour créer des environnements urbains plus verts et centrés sur l'humain ».


L'enfouissement au service de la canopée montréalaise

Le projet légué par le Congrès mondial des tunnels n'est pas un cas isolé. Il s'inscrit dans un mouvement urbanistique majeur sur l'île de Montréal, visant à cicatriser le tissu urbain et à valoriser les secteurs résidentiels adjacents en enfouissant les infrastructures lourdes.

 

Voici un tour d'horizon de ces projets transformateurs :

 

1. Le recouvrement de l'autoroute Ville-Marie et la Place des Montréalaises

C'est sans doute l'exemple le plus frappant de réparation urbaine à Montréal. L'autoroute Ville-Marie (720/136), qui agissait comme une fracture de béton entre le centre-ville et le Vieux-Montréal, a été partiellement recouverte.

  • Le Projet : Création de la Place des Montréalaises, un vaste espace public incluant un pré fleuri et des zones piétonnières connectant la station de métro Champ-de-Mars au Vieux-Port.

  • Budget alloué : Environ 115 millions de dollars.

  • Impact immobilier et social : Ce projet reconnecte deux quartiers historiques, élimine un îlot de chaleur critique et augmente considérablement l'attractivité et la valeur foncière des développements résidentiels et commerciaux environnants.

 

2. Le Parc Frédéric-Back (Complexe environnemental Saint-Michel)

Bien qu'il ne s'agisse pas de transport, c'est un chef-d'œuvre de gestion souterraine. Ancienne carrière de calcaire devenue l'un des plus grands dépotoirs en Amérique du Nord, le site a été transformé en un immense parc urbain de 153 hectares.

  • Le Projet : Un réseau souterrain complexe capte et gère les biogaz (méthane) émis par les déchets enfouis. En surface, la nature reprend ses droits avec des pistes cyclables, des œuvres d'art et une biodiversité foisonnante.

  • Impact social : Un désastre écologique transformé en poumon vert pour le quartier Saint-Michel, offrant un espace de rassemblement sécuritaire et apaisant pour une communauté historiquement défavorisée.

 

3. Les corridors de biodiversité et l'intégration du REM

Le REM, avec ses portions souterraines (comme celle sous le mont Royal ou le tunnel reliant le centre-ville), permet de repenser la surface.

  • Le Projet : Tout comme la plantation annoncée par le Palais des congrès, l'arrondissement de Saint-Laurent a développé un Corridor de biodiversité (budget initial d'environ 5 millions de dollars) reliant les espaces verts fragmentés par les lignes électriques et les infrastructures de transport.

  • Impact environnemental : Lutte directe contre le déclin de la biodiversité urbaine, filtration naturelle des eaux de pluie et réduction des îlots de chaleur.

 

Des retombées bien au-delà de l'économie

Les initiatives comme celle du Palais des congrès de Montréal avec la Soverdi illustrent un changement de paradigme.

 

 L'impact économique ne se mesure plus seulement en nuitées d'hôtel ou en dollars dépensés lors d'un événement. Il se calcule en résilience climatique, en amélioration de la santé mentale des citoyens ayant accès à des espaces verts, et en plus-value immobilière pour les quartiers qui troquent le gris de l'asphalte contre le vert de la canopée.


Montréal démontre une fois de plus que la ville de demain se construit autant par les ambitions qu'elle élève vers le ciel que par l'intelligence des réseaux qu'elle enfouit sous la terre.

 

bottom of page